Un millésime précoce, comme prévu

Un millésime précoce, comme prévu

UNE MATURITÉ PRÉCOCE, ET UNE MATURATION SOUS CONTRAINTE

Notre actualité de mi-saison a été publiée à la fin de la première canicule. On parlera désormais pour 2026 de caniculeS, tant les vagues de chaleurs se sont succédées partout en France cette année dès la fin du mois de mai. Avec des pics de chaleurs qui n’ont pas forcément été enregistrés en Languedoc ou en Provence. Mais en revanche avec des températures maximales journalières et moyennes qui ont été élevées quasiment sans discontinuer depuis le mois de juin dans le grand sud, sans accalmie. La baisse tant attendue (sous les 30°C) n’a eu lieu qu’hier, et encore…
Quelques infographies ci-dessous résument la tendance à l’échelle nationale : Juin et Juillet ont été les mois les plus chauds enregistrés en France au niveau de la température moyenne, avec 22°8 en juin (devant juin 2003) et 24°9 en juillet (devant août 2003).

 

Plus localement, on voit bien que les courbes des températures s’envolent dès le mois de juin (et pourtant 2025 était déjà une année chaude). Avec en parallèle des pluies très rares depuis la mi-mai. Voir les infographies ci-après :

DES VIGNES ÉTONNAMMENT RÉSISTANTES, MAIS PAS PARTOUT

Face à ces conditions thermiques inédites, on observe une certaine hétérogénéité au vignoble : entre vignes jeunes et vignes adultes (c’est le plus flagrant souvent), entre vignes de coteaux et de plaine, entre vignes irriguées ou sèches, etc
Mais globalement, le vignoble est assez « résilient », et encore plutôt vert.
Le bon déroulement de la première partie du cycle (réserve en eau abondantes, températures très douces en avril-mai) a permis au végétal d’acquérir une belle surface foliaire, et aux grappes et aux grains de grossir (sans coulure marquée, notamment sur grenache).
Aujourd’hui quand même les écarts de vigueur et de comportement se creusent : les jeunes vignes se sont défoliées et leurs raisins resteront petits (avec des difficultés d’aoûtement à craindre), idem pour certaines vieilles vignes sur sols drainants et non irrigués (schistes notamment). Certains cépages sont plus impactés aussi : les derniers jours de la semaine passée, qui ont tutoyé les 40°C, ont été rudes pour les roussannes et les syrahs.
Mais à l’opposé les zones de Plaine poussent parfois encore et sont à écimer avant récolte.

UNE HÉTÉROGÉNÉITÉ DES VOLUMES AUSSI ?

Les vendanges ont sans surprise démarré tôt (la floraison début mai était un premier signe !) : premiers muscats bulles ou secs fin juillet/début août sur les zones littorales, premiers sauvignons profils « frais » début août. Et depuis le 10 août sauvignons, chardonnays, syrahs rosés s’enchaînent, avec la mi-août les premiers blancs AOP, et les rouges précoces (syrah, merlot) qui suivent.
La tendance côté volume est surprenante en tout cas sur ces blancs, avec des rendements en jus bien meilleurs cette année notamment sur les sauvignons, le plus avancé en récolte. Difficile d’en tirer une tendance pour la suite (le Ministère et sa plate-forme Agreste ont préféré ne pas publier de chiffre prévisionnel de récolte cette année, tant les effets de ces canicules sont difficiles à anticiper).
A partir du 20 août, la tendance météo s’est inversée : températures plus fraîches (la nuit notamment, c’est bien!), possibilités d’orages, et la 2ème partie de la vendange sera peut être très différente de cette première quinzaine.

Rendez-vous dans un mois…