20 Mar La vigne sort d’un hiver pluvieux avant l’heure
QUE D’EAU, QUE D’EAU
Après un automne relativement sec pour nos régions méditerranéennes (surtout Octobre, qui a rarement cumulé plus de 40mm dans le Languedoc, un peu plus en Vallée du Rhône), l’hiver 2025/2026 restera dans les mémoires comme très largement arrosé. Cette tendance humide a commencé avec un épisode cévenol en décembre, qui s’est étalé sur plusieurs jours : 1ère salve les 15 et 16 décembre sur l’Hérault et l’ouest Languedoc, 2ème salve généralisée du 18 au 23, et retour de pluie du 25 au 27 dans le Roussillon et l’Aude.
Les cumuls sont impressionnants sur ce seul mois de décembre (plus de 300mm sur Montpellier, Durban Corbières, le Boulou, 170 mm à Nîmes). Et une accumulation de statistiques marquantes : le mois de décembre le plus pluvieux depuis 1959 en Languedoc-Roussillon, le mois de février le plus pluvieux depuis 1959 en Occitanie, 10 jours de pluie à Montpellier en janvier (+72% par rapport à la moyenne), 10 jours de pluie en février (+144%)….
N’en jetez plus ! Les graphes ci-dessous enfin parlent d’eux mêmes :


On voit nettement que ces gros cumuls concernent (une fois n’est pas coutume!) l’ouest Languedoc plutôt que le Gard et la Vallée du Rhône, qui restent correctement arrosés cependant.
De quoi faire oublier les années très (trop) sèches de 2022 et surtout 2023, même dans les zones jusqu’à très récemment très déficitaires (Pyrénées orientales Aude et Ouest Hérault).
ET UN HIVER PLUTÔT DOUX
Ce qui devient une vraie tendance ces dernières années. Après la vague de froid de fin décembre/début janvier (avec 9 jours de gel (entre 0 et -5°C) par exemple à Montpellier et Nîmes, jusqu’à -9°C à Prades le Lez), les températures de fin janvier et surtout février ont été très douces. A l’échelle de la France, février est le 2ème mois le plus doux (derrière 1990) sur la période 1900-2026, avec une température moyenne supérieure de 3,5°C à la moyenne (1900-2026, source Météo france). On le voit bien sur les graphiques ci-dessus, 2026 rejoignant les courbes de 2024.
UN DÉMARRAGE SOUS DE BONS AUSPICES, MALGRÉ TOUT…
Évidemment, cette large recharge des sols est positive pour la suite du cycle, et on ne se plaindra pas d’un démarrage de la vigne sans contrainte hydrique. Mais l’état des sols aujourd’hui complique passablement les travaux d’hiver : en résumé, seule la taille a pu vraiment avancer, et les travaux de désherbage, labours, épandage d’engrais ont souvent été très chaotiques et entrecoupés de périodes de pluies. Voire n’ont pas pu être effectués du tout…

Parcelle moyenne Vallée de l’Herault mi-mars
Et la vigne n’a pas attendu le début officiel du printemps le 21 mars pour démarrer : dans les secteurs ou sur les cépages précoces on a vu les bourgeons sortir du coton dès la mi-mars, aujourd’hui les pointes vertes sont visibles sur la plupart des chardonnays de plaine, et les bourgeons sortent du coton ailleurs.
Un démarrage plutôt précoce donc : on parle de 8 à 10 jours d’avance par rapport à 2025, mais d’un débourrement proche de 2024. La période de risques de gel sera plus longue en conséquence. Les travaux seront à adapter (se dépêcher pour finir les désherbages, limiter les couverts des zones gélives, parfois tout simplement finir la taille!).
On sait cette période de fin d’hiver toujours dense en terme de travaux, et pleine d’interrogations sur la saison à venir.
Restons positif sur ce démarrage : on ne connaît pas le profil « thermique » des mois à venir, mais le souvenir de ces pluies d’hiver sera un « bon » souvenir dans quelques semaines…
